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Comment la gestion du covid-19 change notre façon de penser et nous conditionne pour un autre monde.

J’aimerais ici mettre en lumière comment la gestion du covid-19, bien plus qu’une simple crise sanitaire, politique ou économique, change notre façon de penser et notre perception du monde. Beaucoup des changements que je vais pointer du doigt étaient déjà à l’œuvre depuis de nombreuses années mais ils ont connu une accélération sans précédent, au point de me dire que pour beaucoup de gens, il sera difficile de revenir en arrière. Tous ces changements ont pour conséquence de nous placer dans des positions d’impuissance et de victimes.

1 – Le covid-19 aura marqué l’incroyable retour arrière vers la vision pasteurienne du corps et de la médecine : une vision issue du XIXème siècle où le corps est une forteresse qu’il faudrait protéger des agressions extérieures que sont les bactéries, virus, etc. Hors on sait déjà depuis longtemps que notre corps fonctionne plutôt comme un écosystème constitué de microbiotes variés et de cellules issues de notre ADN. Nous ne sommes même pas l’hôte de ces microbiotes, nous sommes constitués de ces microbiotes. On considère aujourd’hui ces microbiotes comme des organes à part entière. Cet écosystème interne est en interaction constante avec et se nourrit en permanence de l’interaction avec le milieu extérieur. Vouloir brider ces échanges avec le monde extérieur en stérilisant tout est une négation du fonctionnement de notre corps et de notre rapport au monde.

2 – Paradoxalement, on reconnaît quand même l’existence de ces microbiotes internes et des échanges avec l’extérieur. Cependant, au lieu de l’envisager comme notre moyen d’interaction naturel avec le vivant, on l’envisage comme un facteur de risque pour autrui. Mon corps héberge des bactéries et virus donc en tant qu’individu sain, par ma seule existence, je représente un danger pour autrui. On perd juste de vue que ces échanges sont aussi nécessaires pour vivre en pleine santé et permettent au moins autant à l’autre de se renforcer qu’ils peuvent le rendre malade.

3 – On revient aussi largement à une vision mécaniste du corps. On considère qu’un corps ingérant suffisamment de calories et protégé des agressions extérieures suffit à être en bonne santé. Comme si on pouvait faire abstraction des relations, des contacts physiques, des sourires, du contact avec la nature, du soleil, de l’exercice physique, de l’art, de la spiritualité, etc. pour rester en bonne santé…

4 – Dans un monde où le corps n’est plus perçu que comme une machine à la proie d’un environnement hostile, le bien-être et la guérison ne peuvent venir que de l’extérieur, oui mais d’un extérieur contrôlé et validé. Oubliez votre système immunitaire et vos remèdes naturels, on ne peut plus se prémunir d’un virus que par un vaccin.

5 – Dans les années 50, toute une génération a été inspirée par « La fureur de vivre » : qu’importe de vivre vieux pourvu qu’on vive intensément. Aujourd’hui, le discours a bien changé. On est prêt à ne plus rien vivre du tout pour pouvoir vivre plus longtemps. La référence ultime est devenue la longévité de la vie, comme si tout ce qui pouvait se passer avant notre horizon funèbre n’avait plus d’importance et sans se rendre compte qu’à refuser la mort, on refuse la vie.

6 – Concernant notre santé, de plus en plus on se coupe de nos ressentis ou on n’y accorde plus aucun crédit. Notre référence devient externe et le seul moyen de savoir ce qui est bon pour nous, c’est d’écouter les experts, la Science, les Etudes, etc. D’ailleurs, on n’est plus malade parce qu’on a des symptômes mais parce qu’on a un test positif. Un des exemples les plus parlants à ce propos est l’exemple du masque. Franchement, pas besoin de débats interminables à coup d’études randomisées en double aveugle pour en connaître les effets délétères sur votre santé : juste centrez-vous un instant et voyez comment vous vous sentez avec un masque. Aucun expert, aucune étude ne sauront jamais mieux que vous ce qui est bon pour vous.

7 – On passe aussi sur un mode de référence externe en ce qui concerne nos valeurs et nos priorités : c’est maintenant l’état qui nous dicte ce qui est important pour nous. En l’occurrence, pas d’ambiguïté, le travail prime sur tout le reste. Le général Pétain avait institué le « Travail, Famille, Patrie ». Macron fait plus minimaliste : « Travail ». La famille, la patrie, les amis, les loisirs, la spiritualité et la réalisation de soi n’ont plus leur place. Plus encore, tout travail n’a pas la même valeur, il faut que ce soit un travail utile et c’est là encore l’état qui décide pour nous de ce qui est essentiel ou non. Oubliez l’art et la culture par exemple.

8 – Conséquence des deux points précédents : on accepte un état paternaliste à la communication infantilisante. La République sait mieux que nous ce qui est bon pour nous. On se place nous-même en position de victimes dépendantes du bon-vouloir de l’état. Combien de mouvements de protestation des mesures actuelles prennent la forme de lettres ouvertes à l’état lui demandant de revenir sur ses décisions ? On oublie trop vite que nous, le Peuple, sommes le maître et l’état notre serviteur. Si nos élus ne sont plus à notre service, n’offrent plus la transparence nécessaire sur leurs décisions ou ne représentent plus la volonté du Peuple, alors ils doivent être congédiés et nous n’avons pas à respecter leurs règles (sans parler des « non-élus » qui n’ont juste pas leur mot à dire).

9 – Dans la continuité de cette infantilisation de masse, on trouve maintenant normal d’attendre chaque semaine que nos souverains nous communiquent les nouvelles règles de vie à respecter. Le tempo des changements nous enferme dans une urgence à nous adapter constamment sans plus prendre de temps pour nous questionner sur l’arbitraire de ces décisions ou sur le sens qu’elles peuvent avoir.

10 – Enfin, on accepte de vivre dans un État d’Urgence permanent en essayant de se convaincre que ça n’est qu’une parenthèse nécessaire de la vie démocratique. La réalité est qu’une exception qui dure plus longtemps que la règle n’est plus une exception. Quand la parenthèse n’est pas justifiée par des faits mais par la peur de ce qui pourrait supposément se produire, alors il y a fort à parier que la parenthèse ne se referme jamais.

Il est encore temps de retrouver notre Bon Sens. Et dire qu’il suffirait d’arrêter d’obéir pour que tout s’arrête.

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