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Gestes barrières ou gestes protecteurs ?

Mis à jour le 24 mai 2020

Peut-être avez-vous vu passer ce beau dessin d’une certaine Claire Marie Grenier invitant à repenser notre façon de nommer tous ces petits gestes maintenant quotidiens que sont la distanciation physique, le port du masque, se laver les mains, éternuer dans son coude, désinfecter un maximum de surfaces de contact, etc.

Je suis le premier à prêter une grande attention aux mots que j’emploie et à favoriser un langage positif. Je comprends bien l’idée selon laquelle ces gestes servent à se protéger et surtout à protéger les plus fragiles d’entre nous, ce sont donc des gestes d’amouuuur. Je comprends bien… mais je dois dire que je ne suis absolument pas d’accord.

En effet, je prête aussi une grande attention à n’utiliser un langage positif que pour évoquer des concepts positifs. C’est une technique classique de la novlangue que d’utiliser des termes positifs pour faciliter l’acceptation sociale de certains concepts qui auraient inspiré la méfiance autrement. On nous a déjà fait le coup avec la vidéosurveillance qui est devenue petit à petit la vidéoprotection (tiens, le même mot d’ailleurs). Ce changement de nom ne l’a rendue ni plus efficace, ni moins liberticide. Ça l’a juste rendue plus présente dans nos vies.

Je réfléchis souvent en terme de règle générale et d’exception. Voulant vivre protégé mais sans barrière, je dirais que je veux la protection pour règle et les barrières pour exception. Quand je pense protection, je pense plutôt à ça :

Aujourd’hui, on voudrait me faire croire que la protection c’est ça :

Quand je vois ces images ou quand je vois ces gens masqués dans la rue, je ne vois que des barrières, cette distance physique qui crée la distance sociale. Si gestes barrières il doit y avoir, ce terme de barrière sera un doux rappel que cette réalité ne doit être qu’une courte parenthèse dans nos vie et pas une habitude qui s’installe dans notre quotidien.

Mais au fait quand on parle de protection, on veut protéger qui ou se protéger de qui ? Si on veut se protéger de quelqu’un, on voudra se protéger de tout le monde. Ces gestes instaurent dans notre esprit l’idée que tout le monde représente un danger potentiel. On était déjà amené sur ce terrain avec la guerre contre le terrorisme mais là ça va plus loin. On doit même se méfier de nos proches, de notre famille. Pire encore, il faut considérer qu’on représente soi-même un danger potentiel pour les autres. Cet immense potentiel de culpabilisation est une aubaine pour toute puissance qui voudrait contrôler la population !

Au final, on fait tout ça pour qui ? D’après les chiffres de mortalité, on fait ça pour les personnes âgées et/ou malades puisque seuls 2% des décès concernent des personnes de moins de 60 ans sans comorbidité. Est-ce qu’au moins on leur a demandé leur avis à ces personnes ? Vous ne pensez pas que mamie Odette préférerait mourir du Covid après avoir serré ses petits enfants dans ses bras plutôt que 6 mois plus tard seule recluse dans sa chambre. Est-ce que c’est bien cette protection qu’on veut leur offrir ?

En plus de se demander de qui, on peut aussi se demander de quoi il faudrait se protéger. Se protéger des virus ? Les virus font parti de la vie, ils étaient là bien avant nous et seront probablement là bien après. On devrait plutôt apprendre à vivre en bonne harmonie avec. Se protéger de la maladie ? La maladie est la réponse de l’organisme la plus adaptée pour retrouver son équilibre après qu’on a négligé sa santé au point qu’un élément puisse se développer de manière excessive dans le corps. Là encore, il n’y a pas à s’en protéger mais à l’accompagner.

Et quid de l’efficacité de ces gestes ? Je n’ai encore vu aucun argument véritablement fondé sur l’intérêt d’une généralisation de ces gestes. En quoi seraient-ils protecteurs alors que le seul bénéfice attendu est de ralentir la propagation du virus ? À travers ces gestes, la seule promesse qu’on fait aux personnes fragiles c’est d’avoir une place à l’hôpital. Ça vend du rêve !
Ne vaudrait-il pas mieux réserver temporairement ces gestes barrière aux personnes fragiles, faire circuler abondamment le virus parmi les 99% de la population pour qui il est inoffensif et ainsi arriver rapidement à une immunité de groupe ? La généralisation de ces gestes aux personnes à faible risque est non-seulement inutile mais contre-productive.

Le docteur Russell Blaylock, neuro-chirurgien aux USA, a d’ailleurs analysé la littérature scientifique et arrive à la conclusion que non-seulement aucune étude ne prouve l’intérêt des masques en terme de protection du porteur ou de la réduction de la diffusion de l’épidémie mais une douzaine d’études montrent que le port prolongé de masques faciaux détériore la santé de celui qui les porte.

Enfin, il faut peu de choses pour passer de la protection au contrôle car un excès de protection peut rapidement créer des êtres soumis et dépendants. Il en va de la protection comme du stress : intensément sur une courte durée, elle est bénéfique mais diffuse sur du long terme, elle représente un danger.

Par exemple, utiliser sa force physique pour retenir un enfant qui est sur le point de se faire renverser par une voiture, c’est le protéger. À long terme, protéger un enfant des voitures, serait lui apprendre à gérer lui-même les dangers liés à la circulation automobile. L’enfermer pour qu’il ne risque jamais de se jeter sous une voiture, c’est mettre une barrière entre le monde et lui pour le contrôler.

De la même façon, porter un masque et des gants en milieu stérile pour une opération chirurgicale c’est du bon sens. Par contre, se cacher derrière des masques et des distances de sécurité au quotidien au lieu de renforcer son système immunitaire est dangereux physiquement et psychiquement.

Pour avoir un système immunitaire sain, l’Homme a notamment besoin d’être stimulé par tout un tas de micro-organismes, bactéries et virus, de se sentir en sécurité, d’avoir des contacts physiques réguliers, de la lumière du soleil, de la nature, de sourire et de voir des sourires. Privé de tout ça, il s’affaiblit.

Les gestes barrières, appliqués de manière généralisée tel qu’on nous le propose aujourd’hui, créent un climat anxiogène, favorisent les postures d’impuissance et fragilisent les défenses naturelles. Ils ne peuvent prétendre protéger que s’ils sont restreints aux seuls contextes qui demandent une protection spécifique.


Je mettrai à jour ici quelques articles illustrant les conséquences de la généralisation des gestes barrières :

2 réponses sur « Gestes barrières ou gestes protecteurs ? »

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